Gagner beaucoup avec l'e-mailing

J’ai une idée qui me rendra super riche. Comme je suis développeur web, je vais créer un programme-robot qui se promènera sur le web afin d’enregistrer toutes les adresses e-mails qu’il rencontrera sur son passage. J’en lancerai même plusieurs pour multiplier la récolte. Avec ce système, je pourrai obtenir des centaines de milliers voire des millions d’adresses e-mails par jour. En fait mon travail s’arrêtera à la conception, s’ensuivra du glandouillage. J’aurai juste créé un produit - ou non juste trouvé un produit à vendre. J’aurai créé sa page avec paiement en ligne et puis codé mon logiciel qui récupère tous les e-mails dans la base pour poster massivement la publicité de mon produit.

Après je ne suis pas fou, je m’y prendrai correctement. J’enverrai les e-mails au fur et à mesure, je changerai d’IP, d'adresse e-mail, modifierai le contenu de l’e-mail une fois par semaine, modifierai l'adresse de la page de vente (ok c’est un tout petit peu de travail quand même), je sélectionnerai minutieusement les mots pour diminuer les risques d’être blacklisté avant que le destinataire puisse me lire. Et à la limite je peux créer un script qui réalise ça (modifier le contenu, créer de nouvelles pages...)

Le taux de transformation pour des flyers serait de 1%. Je me permets de faire la comparaison avec mon e-mailing. Si mon système automatisé envoie 1 000 000 e-mails : 1% de 1 million c’est 10 000. Ça semble trop optimiste ? Alors imaginons un seul pourcent de ces 10 000 : 100. Ça donne 100 clients. Et imaginons que mes robots ne récoltent que 500 000 e-mails tous les deux jours. On a au moins 7 500 000 e-mails envoyés par mois donc 750 ventes.

J’ai choisi de vendre des articles pas chers, à 19,99 l’unité. 750 x 19,99 = 14 991,50. Chaque mois j’empoche 14 991,50 euros, soit 179 898 euros par an pour une heure de travail par semaine (52 heures de travail par an).

C’est tentant. Mais non, c’est immoral et c’est illégal. Les paragraphes 40 et 41 de la directive européenne 2002/58/CE sont clairs : “[...]Il importe de protéger les abonnés contre toute violation de leur vie privée par des communications non sollicitées effectuées à des fins de prospection directe, en particulier au moyen d'automates d'appel, de télécopies et de courriers électroniques, y compris les messages courts (SMS)[...]Il conviendrait, lorsque des coordonnées électroniques sont recueillies, que le client soit informé clairement et distinctement sur leur utilisation ultérieure à des fins de prospection directe et qu'il lui soit donné la faculté de s'opposer à cet usage.”

En loi française ça donne l’article 22 de la loi n°2004-575 du 21 juin 2004 : le consentement des personnes dont les coordonnées ont été recueillies avant la publication de la présente loi, dans les conditions prévues par la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'utilisation de celles-ci à fin de prospection directe peut être sollicité, par voie de courrier électronique, pendant les six mois suivant la publication de la présente loi. A l'expiration de ce délai, ces personnes sont présumées avoir refusé l'utilisation ultérieure de leurs coordonnées personnelles à fin de prospection directe si elles n'ont pas manifesté expressément leur consentement à celle-ci.”

Et concrètement, c’est un peu puni de 5 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. (https://www.cnil.fr/fr/les-sanctions-penales)

Parfois je vais faire un tour dans le dossier spams de ma boite e-mail. Quel bonheur que la messagerie les aient reconnus comme indésirables !

C’est l’histoire d’un gars qui a faim. On lui fournit un stock de 10 millions de balles et une mitrailleuse. Alors il tire partout en aveugle ; il sait bien qu’il finira par obtenir un morceau de viande. 10 millions de balles dans la nature pour un taux de réussite de 0,1%.

En fait, c’est plutôt 99,9% d’échec. Presque 100% de balles perdues.

Autres articles
Le vendeur, c'est l'acheteur
5 objections de prospects
Gagner beaucoup avec l'e-mailing
Faire affaire avec des colverts
Types d'applications web
Conception d'une application web